Conçues comme intermezzi destinés à alléger, durant les entractes, des représentations dramatiques plus pesantes, ces « scene buffe » procèdent en fait plus que de la simple « farce » et c’est tout l’intérêt de la proposition de Roberto Cascio de les révéler et de les associer, de façon cohérente, dans cette présentation. Les notes (italien et anglais) accompagnant l’enregistrement sont à cet égard précieuses. A propos d’Alessandro Scarlatti, on écrivait déjà à l’époque que sa musique de scène, moins estimée que ses œuvres da camera, mériterait cependant d’être mieux appréciée des connaisseurs. Au reste, surtout dans le second opus, anonyme, la trame psychologique de ces deux « empoignades amoureuses » et leurs ressorts dramaturgiques nous entrainent plus du côté de Goldoni et de Marivaux que de la naïve bouffonnerie. La mise à disposition des textes (en italien), enrichie d’un glossaire (1724) via le site internet devrait permettre de le vérifier. On se convaincra donc de l’intérêt non seulement musicologique mais également artistique de cette réédition d’une première mondiale enrichie d’une nouvelle production. Par contre, on peut regretter de voir associée à la première de ces œuvres très profanes une acoustique d’église (2001) qui en atténue la pétillance. (Alain Monnier)
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