Parvenu à la postérité, le Sarashina nikki (mot à mot, nikki signifie rapport quotidien) est traduit en anglais par Ivan Morris, puis publié sous le titre As I crossed a bridge of dreams (Tandis que je traversais un pont de rêves). Avant même que Mari Mezei, déjà librettiste d'Angels in America (2004), adoptât cette traduction pour concevoir le cinquième opéra d'Eötvös, elle en avait déjà emprunté le contenu (et le titre) pour une ouvre de « théâtre sonore » (Klangtheater), créé le 16 octobre 1999 aux Donaueschinger Musiktage. Interprétée alors par Claire Bloom, Sarashina l'est aujourd'hui par Elizabeth Laurence, récitante entourée de trois « dream-voices » - Blythe Holcomb, Nadia Hardman, David Hill - et d'un ensemble instrumental qui met en avant le trombone (alto et trombone-contrebasse) - instrument souhaité par le commanditaire, que jouent ici Mike Svoboda et Gérard Buquet. Elle campe l'héroïne d'une voix tantôt ensommeillée et lancinante, tantôt affermie par l'émerveillement. Favorisant tout d'abord un halo électronique (temps réel, sons fixés sur support, spatialisation, échantillonneur, etc.), l'ouvre ne cache rien de son minimalisme instrumental, couronné par la nudité d'un piano solitaire dans l'ultime portion. Laurent Bergnach / www.anaclase.com
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