Parmi la théorie des instrumentistes autopropulsés chefs d’orchestre, Alexander Lonquich passa relativement inaperçu. Dommage, car l’écho de ce concert au Mozarteum donne envie d’en entendre plus, Danses allemandes pleines d’esprit jusque dans sa turquerie ironique, Symphonie Linz altière, très dessinée (ces cordes qui attaquent), Musique funèbre maçonnique sépulcrale, qui vient étrangement assombrir l’atmosphère jusque-là solaire. Etait-ce pour opérer une transition avec les brillantes élégies du 22 e Concerto, cet opus chéri par Wanda Landowska qui lui donna pour notre vingtième siècle un visage inoubliable ? Après tout, Alexander Lonquich est resté d’abord pianiste, Mozart fut toujours un des objets de son art, tôt il le documentera avec un album où il préférait aux Sonates des pièces brèves, disque magnifique disparu depuis longtemps et qui fit comme un prélude à l’intégrale des Sonates pour violon et piano avec Frank-Peter Zimmermann, autre manière de servir Mozart plutôt que de s’en servir. Les italiens eurent la chance de l’entendre faire une quasi intégrale des Concertos, et les faire avec une élégance, une simplicité, une pudeur que l’on retrouve intactes dans ce fluide 22e joué sur les pointes, miraculeux par son absence de sentiments, son giocoso tendre, ses lumières diffuses, ses ornements de pure fantaisie. Ne serait-ce que pour lui, connaitre ce concert est indispensable. (Jean-Charles Hoffelé)
Historique des prix
* L'historique des prix ne contient aucune donnée de Amazon, Amazon Marketplace.
Prix mis à jour pour la dernière fois le :