Le premier album de Chuck Berry est une très bonne introduction à l'univers du séminal guitariste, plus varié qu'il n'y paraît. Quand le disque arrive dans les bacs tout neufs des premiers disquaires, Maître Chuck est déjà célèbre pour avoir défini l'alpha et l'oméga du riff rock 'n' roll depuis trois ans et multiplié les classiques comme autant de perles. En cela, After School Session tient davantage de séance de rattrapage pour les derniers étourdis et retardataires. Le titre fait référence à « School Day (Ring, Ring, Goes the Bell) » de juin 57, qui évoque les joies du temps libre de la première génération à bénéficier pleinement de la société de consommation en marche, et ouvre l'album. Berry démontre plus loin qu'il est un grand et méconnu bluesman (« Wee Wee Hours »), instrumentiste (« Deep Feeling »), amateur de rythmes exotiques (le calypso « Havana Moon »), et ce qu'on sait mieux, un rocker rageur (ses « aargh ! » dans « Too Much Monkey Business »), doublé d'un lyriciste fin (« Brown-Eyed Handsome Man »). Sans s'y attendre, à promener sa plume sur des sujets d'actualité, il fait figure de songwriter avant l'heure, précurseur inattendu d'une lignée d'interprètes protestataires. Déjà, Chuck Berry a tout inventé : le riff, le façonnage, le texte et l'attitude.
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