Pourquoi y-a-t-il un tel décalage entre la musique d'orgue et le reste de sa musique ? Un compositeur ne peut se métamorphoser simplement parce qu'il change d'instrument. La question est alors : comment traduire cette émotion qui, pour avoir refusé les débordements, n'est pas moins réelle ? L'organiste Susan Landale y apporte sa réponse au travers des orgues de Buchholz (1758-1825). Car, en dehors de la familiarité certaine de Mendelssohn avec ces instruments, leurs sonorités à la fois riches et transparentes, chantantes et chaleureuses dans le piano, majestueuses sans jamais crier dans le forte, lui semblent servir au mieux les multiples facettes de cette musique. La répartition des sonates sur trois instruments différents s'est fait presque naturellement : Stralsund, aux dimensions majestueuses ; Barth, avec la pureté si chantante et la clarté de ses timbres ; Demmin le plus « romantique » des trois instruments avec son admirable acoustique admirable. L'angoisse, l'énergie et la poésie de ces 6 sonates nous plongent dans les paysages qui ont tant inspiré Caspar David Friedrich : les crépuscules brahmsiens se lisent déjà dans leurs ciels.
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