À l’instar des Études d’exécution transcendante de Liszt, les Caprices de Paganini étaient tenus jadis pour des Himalaya de l’interprétation. Il est aujourd’hui de bon temps que les jeunes instrumentistes, d’équipement technique désormais supérieur, fassent de ces œuvres leur carte de visite. On ne compte d’ailleurs plus les versions de ces Caprices et encore récemment en avons-nous reçu plusieurs enregistrements notables dont ClicMag s’est fait l’écho. Anca Vasile Caraman est une jeune violoniste roumaine de feu, installée en Italie, qui s’est déjà signalée par le coffret Brilliant Classics particulièrement bien accueilli de l’intégrale en 5 CDs des transcriptions d’opéras italiens de Bazzini (BRIL95674). Aujourd’hui, dans la lignée de prestigieux anciens, tels Ivry Gitlis ou Ruggiero Ricci, elle livre une interprétation pleine de panache et de brio dans laquelle on cherchera moins la justesse absolue des notes et de l’intonation que la fougue et le diabolisme dont on imagine que Paganini lui-même imprégnait ses propres exécutions. L’interprétation confiée au disque par Anca Vasile Caraman fait rougeoyer l’incandescence d’une lecture particulièrement engagée qui ne laissera indifférent aucun discophile. Il suffit, pour s’en convaincre, de prêter l’oreille au n° 9 en mi majeur (La Chasse) ou au n° 12 en si bémol majeur (Le rire du diable), et, naturellement au célèbre Thème et variations n° 24 en la mineur, qui trouve là une exécution… endiablée. (Jacques-Philippe Saint-Gerand)
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